Le problème, alors, c'est que je n'ai plus le courage de rien. Ouvrir les yeux, le matin, est déjà un exploit. Sortir du lit tient du miracle. Et descendre les escaliers, pfiou ! C'est tellement trop qu'il faut que je m'affale aussitôt dans mon canapé comme après avoir couru un marathon. Non, vraiment, je n'ai envie de rien. Et c'est bien là le souci ; envie de rien, même pas d'aller mieux.

En même temps, comment aller mieux ? Je ne sais même pas ce que j'ai. Je constate, simplement, que rien ne m'inspire ; j'ai l'envie d'écrire, de dessin et des tas d'idées et de projets, comme toujours, mais rien ne vient. Le simple fait d'allumer l'ordinateur me rebute, parfois, et ouvrir, ensuite, le logiciel de retouche photo ou le traitement de texte... Non, je ne trouve vraiment pas l'envie, même dans ces simples choses. Alors, me mettre à écrire et dessiner... Rédiger cet article m'a déjà demandé un rassemblement total de mes forces, qui a débuté au début de l'après-midi... L'après-midi d'avant hier.
Mais je m'ennuie, comme on dit. Je m'ennuie. Combien de fois l'ai-je répété, au cours de ma courte existence ? Depuis toute petite, je m'ennuie. Je m'ennuyais, seule dans ma chambre, parce que jouer à la Barbie, ça va bien cinq minutes. Je m'ennuyais avec les autres enfants de ma classe qui voulaient toujours que je joue avec eux parce que j'avais de bonnes idées de jeu mais qui ne voulaient pas que je participe. Je m'ennuyais pendant les vacances scolaires parce que mon seul ami de l'époque partait en vacances à l'autre bout de la France avec sa famille et pas moi. Pendant mes vacances, je m'ennuyais beaucoup plus que le reste du temps parce qu'il n'était pas là et mes parents non plus. Et mes grands-parents faisaient la sieste l'après-midi. Je dessinais. J'écrivais. Je crois que je me suis épuisée à écrire et à dessiner quand j'étais petite, tant j'y passais des heures. Aujourd'hui, quand je m'ennuie, si je me mets à écrire et dessiner, peut-être qu'inconsciemment, ça me rappelle ce temps-là. Alors, je n'en ai plus envie. Je joue à WoW. Carrément créatif, oui, je sais.
Je m'ennuie en cours, aussi. Et ça, c'est plus une nouvelle depuis longtemps. Quand j'ai quitté la primaire pour le collège, je me disais : "Chouette ! Les gens seront plus cools et les cours plus intéressants !"... et je me suis ennuyée au bout d'une semaine. Quand j'ai quitté le collège et que je suis entrée au lycée, tout le monde me disait que j'allais rencontrer des gens plus intelligents, qui m'accepteraient, qui arrêteraient de me taxer d'intello et que j'aurais même du mal à suivre les cours, que j'aurai de bosser. J'ai fini par le croire... et au bout d'un trimestre, je réalisais que je m'ennuyais aussi. J'étais première de ma classe sans problème et les gens ne comprenaient toujours rien à mon humour ravageur, ahah, hum. J'ai fini par abandonner l'idée qu'on comprendrait mon humour, donc. Et j'ai traversé mes années de lycée en m'ennuyant. Comme je m'étais ennuyée au collège et en primaire. J'ai attendu la fac. Oh que oui ! Je l'ai beaucoup attendu ! Et la fin de l'année approche déjà à grands pas. La fin de ma première année de fac. Et là, je m'ennuie. Les gens ne sont ni plus ni moins que des lycéens plus ou moins améliorés (et parfois, pas améliorés du tout, d'ailleurs...). Les cours sont intéressants mais loin de me donner du fil à retordre. Les projets sont les mêmes que ceux que je devais rendre au lycée. Et quand je passe le c2i, je me rends compte que des gens de 2ème ou 3ème année en sont encore à écrire "sa" plutôt que "ça"...

Voilà. Est-ce que quelque chose cloche en moi ? Est-ce que j'en demande trop aux gens et au système ? Sans doute. Je suis peut-être trop difficile mais j'essaye vraiment de m'intégrer, de me foutre dans un coin et de faire comme si tout allait bien. Seulement... Rien n'y fait, au fond. J'ai toujours aussi peu envie de sourire. Et quand on a même pas le courage et l'envie de sourire sincèrement, je me demande si l'on est vraiment capable d'aller plus loin dans la vie. Alors, j'attends de voir faute de savoir que faire. J'ai l'impression, en fait, de nager en contre courant, de toutes mes forces, pour rejoindre le rivage sans savoir comment je suis arrivée dans l'eau alors que je ne sais même pas nager.
Bref...










Life is seau hard \o/